Comme vous l'avez vu dans le précédent article, la maison était donc propre comme un sou neuf pour la pose de la terre cuite.
Mais vous allez voir que ce qui parait simple dans la phrase "poser de la terre cuite", cache en fait une multitude de phases préparatoires.
Nous nous sommes vite rendu compte que les "vacances" ne suffiraient pas à en venir à bout, loin de là ! Nous avons compté que nous avancions de 4m² par jour, en faisant pourtant de très grosses journées...

Voici le menu détaillé de nos réjouissances passées et à venir tant que la pièce ne sera pas terminée.

Nous commençons en général la veille par immerger des carreaux dans de grandes bassines. La terre cuite est ainsi saturée d'eau et ne risquera pas lors de la pose d'absorber la laitance de la chape et de la barbotine. Elle reste dans l'eau  toute la nuit.



Les carreaux passent ensuite en phase de réssuyage, c'est à dire qu'on les dispose pour que la surface sèche.



sauf quand il pleut, dans ce cas, on rentre dans la maison tout ce qu'on vient d'étaler patiemment et on recommence !

Puis on les classe par taille. Les différences se comptent en millimètres mais ça peut créer de gros décalages, les un ajoutés aux autres.
Seb a fait un gabarit pour mesurer ce qui ne l'est pas à l'oeil nu. Je répartis donc en trois grandes catégories (petite, moyenne, grande) et je précise lorsqu'un carreau est plus large que les autres.  J'en profite pour déterminer quelle face sera visible et note le tout au dos du carreau.


Pendant ce temps, Seb commence les niveaux. Après avoir fait des étalons sur le pourtour de la pièce, au niveau de la lisse basse (qui doit être le niveau du sol), il fait un monticule de sable sur lequel il pose un carreau défectueux (qui ne sera utilisé que pour ce genre de tâches).
Il ajuste avec le niveau (l'outil) et le maillet en caoutchouc jusqu'à ce que le carreau s'aligne avec la lisse basse.
Pour cela Seb utilise des règles en aluminium de 2 m qui rejoignent la lisse.


Seb fait quatre niveaux de ce type pour atteindre tous les coins de la pièce, et s'assurer que la chape sera à niveau partout. Une fois que le niveau est bon, on peut commencer les nus.

On arrose la pièce pour que l'humidité de la chape ne soit pas absorbée par la dalle.

Je prépare le sable pour la chape ainsi que la chaux


et hop, direction la bétonnière de l'amiluc (encore merci !) que je manie comme une chef maintenant !


 Seb peut enfin entamer la mise en oeuvre des nus et de la chape fraîche

A partir des petits tas de sable qu'il a faits, il constitue, tasse et met à niveau des lignes en mortier qui, elles, sont définitives : ce sont les nus.

Après avoir vérifié que tout était bien plan et à niveau, on comble ces lignes pour avoir une chape parfaitement droite. On commence par déverser du mortier que l'on tasse comme les nus auparavant. Seb passe ensuite sa règle en aluminium qu'il pose sur les nus pour que tout soit à niveau et il tire l'excédent vers lui pour obtenir un plat parfait.

La dalle est prête pour accueillir les carreaux.

Nous préparons ce qu'on appelle "la barbotine", qui est en fait la colle utilisée pour faire adhérer les carreaux à la chape. Elle est constituée essentiellement d'un peu d'eau et de beaucoup de chaux que l'on mélange au malaxeur pour obtenir une sorte de béchamel très onctueuse.




Voilà tout est prêt ! Seb commence à poser les premiers carreaux mais oh ! horreur, on se rend compte qu'on a oublié de faire les découpes !!! ... Car oui, lorsqu'on pose de la terre cuite, on opère par trois rangs en même temps (ou plus) et pour la pose en décalé il faut créer le décalage dès le début. Sachant que la barbotine est bigrement efficace, on s'est mordu les doigts d'avoir oublié ce détail des découpes...

Seb a donc quitté l'atelier "pose" pour l'atelier "découpe", la meuleuse à la main. Rien de mieux que la poussière de carreaux pour obtenir un teint de pêche (enfin de terre cuite)

Voilà, cette fois c'est bon, nous sommes prêts... Mais l'article est déjà bien long, je vais devoir sauter à la ligne et entamer un nouvel article ! Ahhhh quel suspens insoutenable ! Après un mois de silence, je vous tiens en haleine jusqu'au bout !