Lorsque les fondations ont été faites, une tranchée a dû être creusée pour évacuer... les eaux qui s'étaient accumulées. Mais ce n'était que l'ébauche de ce qui devait être creusé pour faire passer tous les raccordements. Nous avons oeuvré petit à petit depuis un an à l'aménagement d'un fossé aux bonnes dimensions et pentes pour accueillir toutes les gaines et canalisations. 


Cela fait un moment que nous aurions  nous attaquer aux raccordements extérieurs au moins à ceux des eaux usées. Bien occupés cet été et cet automne, nous avons dû attendre le mois de novembre pour nous y atteler. Quoi de mieux que de patauger dans la boue, par un temps glacial et venteux ? Bon, en même temps, la terre est tellement dure en été que je ne vois pas comment nous aurions pu la travailler...

C'est donc par un jour couvert et froid que nous avons dégainé les canalisations, les coudes et notre courage. Un petit aller-retour au magasin de matériaux pour ramener à pied notre canalisation de 4 m (rentre pas dans la voiture... quand on traverse les rues de la commune avec nos plaques de placo ou nos canalisations, j'ai l'impression de ressembler à une colonne de fourmi qui transporte des feuilles.)

Nous avions donc deux sorties d'eaux usées en façade, une bouche de réception des eaux usées au bout du terrain et une belle pente à faire pour que tout s'écoule bien. Après quelques journées de pluie, la tranchée était boueuse à souhait, bottes, pioche et pelles pesaient dix tonnes, mais nous avons bien dépoté. A la fin de la journée, la tranchée était plutôt réussie.
Nous avons passé une belle partie de la journée à couper les canalisations, trouver le coude qui va bien, faire des essais, aller chercher des pièces pour que les angles soient parfaits.




Tout était parfait, plus qu'à emboîter le dernier morceau... ah ! bah,  non , ça ne passe pas... allez, on démonte tout, on recoupe un peu partout, on ressaye, ça ne passe pas...

- et si on force ?
- On force ?
- Je sais pas...
- T'es sure ?
- Pas trop...
- Oui mais si ça casse ?
- De toute façon faut que ça passe...
Décision finale et unanime : on bourrine !

- Ah ! bah, oui, ça passe... et ça ne casse pas...
- Oui,  c'est bien... pour un entraînement...
- Donc maintenant qu'on sait que ça passe... il faut le défaire pour tout encoller ?
- Oui,  mais il faut que je sois sûr que c'est bien la bouche de sortie de eaux usées et pas celle des eaux de pluie...


- Comment on peut le savoir ...?
- Il faudrait demander à la mairie... mais s'il ne viennent pas ce soir, ça veut dire qu'on ne pourra pas coller avant la tombée de la nuit... et s'il pleut cette semaine comme le dit la météo, on ne pourra pas coller avant un moment...
Nous appelons donc la mairie, qui très sympa, nous envoie un agent qui nous confirme que nous ne nous sommes pas trompés (ouf, on pourra dormir)...

Mais la météo, elle, était moins fiable, car c'est à ce moment-là qu'il s'est mis à pleuvoir averse. On a donc tout laissé en plan...

Il a en effet plu toute la semaine et même plus, ce qui a recouvert de boue une partie de notre travail.




Donc hier, ciel couvert, froid mais oh ! miracle, pas de pluie ! On ressort les bottes, on dégage la boue des tuyaux, on s'en met plein partout, et on se demande si il faut AUSSI bourriner pour défaire les canalisations... ah ! bah, oui, ça marche bien aussi ! nous voilà avec plein de petits bouts ( dûment embourbés, marqués, numérotés... on est pas des fous non plus...) à poncer, coller, assembler.

Après une semaine de pluie non stop, c'était vraiment pas la joie comme travail, mais nous avons eu de la chance dans notre galère, car la pluie est quand même revenue mais juste au moment où nous avions enfin fini ce travail ingrat ! C'est donc sous la pluie que nous avons enrobé la canalisation de sable afin qu'elle ne prenne pas de chocs.


Et, glacés jusqu'aux os, nous avons fini autour d'un délicieux chocolat chaud offert gentiment pour fêter dignement la fin de la tranchée :)